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Le Capitaine,

vu par (son) soi-même...

"Il faut bien vivre, il faut bien arrondir de temps à autre la caisse de bord, donc à l'occasion nous ne crachons pas sur un convoyage ou l'autre ou sur un petit charter pour des amis et connaissances; pour se faire il faut, bien sûr, un peu de pub."

et pour que vous ne vous embarquiez pas avec n'importe qui: faites connaissance du capitaine...

64 ans  et la moitié en dents (il y a déjà 6 ans j'ai donc aujourd'hui un peu plus dans les artères et un peu moins dans la bouche), première expérience de navigation vers l'âge de 11 ans, objectif: l'Angleterre au départ de Knokke le Zoute à bord d'un dinghy de récupération de la R.A.F. petit gréement de fortune, pour carte un atlas scolaire (non pas solaire), comme instrument: une vielle boussole déboussolée, trois barres de chocolat et l'insouciance merveilleusement dangereuse de cet âge doré. Conclusion: Ce n'est pas l'équipage qui se dégonfle, mais l'esquif pourri qui a tenu à peine un mile en soupirant dans un concert de bulles...premier naufrage! mais le rêve est resté, tenace!

Quelques années plus tard, c'est sur le Firebale de Pierre, (mon grand frère) toujours à la barre, que Paul'eau, comme je me complais à me faire appeler maintenant, découvrira le comportement d'un dériveur capricieux et rapide, par tous les vents négociables, toutes les allures, comme équipier et quelquefois comme barreur.

Premières expériences récurrentes sur les divers bateaux, de plus en plus grands, acquis par son frère aux cours des années suivantes, quelques traversées de la manche, nombreuses navigations en Bretagne, en profitant des courants et des marées capricieuses, jouant au rase cailloux. Toutes les occasions d'embarquement furent bonnes.

moniteur de voile

Dans les années 1984, Création d'une a.s.b.l. qui a pour objectif de faire découvrir différents sports aux jeunes ados en difficultés. Outre l'escalade et la montagne, la voile y a une bonne part, sur des dériveurs 420, 470, caravelles, mentor, cap corse...avec les Passagers du vent, et ensuite avec six Topper (dériveurs type Laser) à Sélété jusqu'en 1998.

deuxième naufrage:

"Grandeur nature" prototype Anglais, quillard de 6.60m financé par mon ami Bernard D., acheté d'occasion dans un état certain; après six mois de remise en état en profondeur, mise à l'eau et entraînement dans le but de faire découvrir à six de nos ados...les Açores, en convoi avec deux autres bateaux du même type (Muscadet).

Lors des essais, dans l'estuaire de l'Escaut, (en solitaire heureusement) j'ai fait une chute à bord, me suis assommé en me cassant le nez (au propre et au défiguré) et le bateau emporté par le courant, poussé par le vent et la houle entrante s'est échoué sur le banc de sable entre Breskens et Vlissingen, j'ai été ranimé par la voie d'eau, après une lutte inégale avec les éléments en présence et avoir essayé toutes les ficelles (du moins je le crois) du parfait naufragé, je me suis résolu à lancer mes fusées de détresse, mais la table des multiplications des emmerdes exponentiels* s'en est mêlée, entre autre et pour finir, sous la forme du petit réservoir étanche (contenant les fusées) qui passe à la baille* , sous mon nez meurtri, emporté par une lame.

Reste donc la natation merci l'entraînement. Et surtout les sauveteurs, appelés par je ne sais qui, arrivés à mi-chemin m'ont évité 1 mile* de crawl, et probablement la noyade par hydrocution un jour d'octobre. C'est le métier qui rentre.

Pendant les vacances, avec Françoise nous louons des bateaux, en Bretagne en Méditerranée...aux Antilles. En 95 nous acquérons Sagapo et la suite vous pouvez la connaître ou la re-connaître en consultant ce site.

J'ajouterai simplement que ma première expérience de navigation en solitaire, Acores/Portugal m'a fait découvrir la Loi du jeu de l'oie, le voyage, au long cours en bateau est comme ce jeu, il y a toujours quelque chose qui se passe, un bon jour vous avancez de six cases et tout baigne, quelques heures après vous tombez dans un piège, une pétole* et vous reculez d'une case. A éviter absolument la: case prison ou la case longues oreilles.*

Ma deuxième expérience en solitaire: Canaries/Cap Vert, sept jours vent arrière: le pied! 6 nœuds de moyenne, rien à signaler de particulier, j'arrive au Cap Vert à l'île de Sal, par nuit noire. Le point est fait et sur la carte je me trouve sur la ligne d'eau de 500mètres, en réalité je suis en plein dans des brisants que je ne vois pas mais que j'entends par le ressac qui s'y brise. Je m'en sors à l'oreille,      ( j'étais heureusement à la voile, le bruit du moteur m'aurait probablement empêché de les entendre ) visibilité nulle, l'œil vissé sur le sondeur...15 mètres... 6 mètres.... 2... et puis ça remonte! Pfffff.. En nage et jambes flageolantes. Après vérification... les Iles ne sont pas à leur place sur les cartes! jusqu'à cinq miles de différence pour certaines! J'ai pu contrôler cela au cours de l'année de navigation effectuée entre toutes ces îles. Et tous ceux qui naviguent encore là le savent, les autres, leur bateau est parfois dessiné sur la carte... attention épaves! J'ai donc appris à ne croire que ce que je vois.

La troisième: Cap vert/Acores. Contre le vent, le courant, la météo et la raison... en mer, il vaut mieux s'aider des éléments, je suis arrivé in extremis, pataras cassé, voiles déchirées, moteur en panne, étai brisé, un bas hauban en marmelade, pilote foutu, pont ..voie d'eau..... ai-je oublié quelque chose? C'est la loi de la table des multiplications des emmerdements exponentiels. Jean François Deniau appelle cela la Loi Deniau et Tabarly?... et les autres? Chacun donne son nom à cette Loi.

J'ai encore beaucoup à apprendre, si malgré tout vous avez encore envie d'embarquer avec moi ... c'est quand vous voulez!

Quelques beaux convoyages:

Sur Hippocampe: en 1999 Avec son propriétaire Clemy Levy : Nazaré / Arcachon

sur Presse à Bord en 99 :Vincent Moreau: Nazaré / Brest

sur Ker Ozen ou plutôt Ker guetch en 2001 Alain Escabasse et Maryvonne Colen: Dakar/Bretagne

sur Pahina : Jean-Marie Taminiaux : Nazaré/Porto Santo / Nazaré

sur Chivas : Pierre Drisse : Nazaré / Madère

sur Exess en 2004, Martinique = Bermudes = Acores = Bruxelles. Avec Jean, Christelle, Frans, Yannick, et Erwinne.

Cette route, en rouge  était le projet initial, en cours de route vu les nombreux problèmes techniques, il  a fallu ramener le bateau vers Bruxelles. Mais la Loi de emmerdement exponentiels nous a obligé une longue escale technique à Brest.

Inverseur cassé - pilote automatique naze - chargement des batteries insuffisantes - Guindeau foutu - etc.

Sans inverseur le moteur devient inutile pour la propulsion pendant plusieurs jours il servait uniquement à charger les batteries. Pour parcourir le goulet de Brest nous avons mis l'annexe à couple ce qui nous a permis d'arriver sans encombre.

Quelques photos qui illustrent ce texte:

Reconstitution, au Cap Vert, du gréement de fortune, utilisé à 11 ans sur un vieux dinghy de la R.A.F.

 Avec Françoise en Guadeloupe en 1992

Dans l'association Sélété, les jeunes en difficultés diverses, retapaient des vieux dériveurs pour gagner, en échange, des vacances gratuites de formations aux techniques de la voile.

Entraînement à sec pour comprendre les forces du vents dans les voiles...une darse du canal Bxl/Charleroi excellent plan d'eau pour un stage de découverte à 2 minutes de Bruxelles.

Dix jours en Méditerranée, gagnés par leur travail pour six jeunes de la Chapelle de Bourgogne.

Un convoyage parmi d'autres sur Hippocampes avec Clemy.

 

En solitaire, lors de longue route, la plus grande difficulté est de gérer son sommeil, en haute mer et en dehors des grandes routes de cargos il est rare de rencontrer un bateau, par contre en navigation côtière il faut garder une veille quasi permanente. Au large des côtes Portugaises ou Africaines il n'est pas rare de rencontrer des petites barques de pêche ou des pirogues en bois, qui ne donnent aucun écho radar, et cela parfois à plus de 15 miles des côtes.

En hauturière, je branche le pilote automatique et le radar et je dors comme à la maison, mais de préférence le jour, pour ménager les batteries. En côtière, j'évite autant que possible les routes des cargos, reste à plus de 20 miles des côtes et répartis mes repos toutes les heures. Plus proche des côtes, je ne dors pas du tout et me repose le corps et l'esprit en pratiquant la sophrologie*.

 

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